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 | Sous ce titre tapageur se cache une approche rigoureuse et passionnante de phénomènes aux conséquences économiques importantes, voire incalculables. Point de vue du statisticien, pourrait-on dire, tant sur les catastrophes naturelles que sur les phénomènes extrêmes de marché, touchant, par exemple, les rémunérations de champions du sport, du « show business », des dirigeants d'entreprises géantes, ou encore les « exubérances irrationnelles » de certaines valeurs boursières (en 1999, les quelques valeurs technologiques qui font monter l'indice, au moment même où l'ensemble des autres valeurs déclinent). Ce n'est pas le moindre mérite de l'auteur que d'avoir su allier la pédagogie et la rigueur formelle. Celle-ci se fonde sur une distinction statistique finalement assez claire entre deux catégories d'événements extrêmes : les extrêmes « simples », lorsque les phénomènes de plus grande ampleur ne sont guère éloignés des grandeurs qui les précèdent immédiatement ; les extrêmes « hyperboliques », lorsque les phénomènes de plus grande ampleur suivent une croissance de type logarithmique (la suite 1, 2, 3... se traduit par des grandeurs réelles 10, 100, 1000...). L'auteur éclaire, à partir de ces analyses statistiques, les phénomènes les plus spectaculaires de l'économie d'entreprise, par exemple l'impératif de la grande taille pour financer des recherches, notamment dans la pharmacie ou dans le pétrole, dont seules quelques rares se révéleront rentables. Il montre également l'aporie des risques écologiques majeurs, non assurables car non calculables, en dépit de leur existence certaine.Étienne Perrot |