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 | Merci, Père Antoine, parce que je suis jésuite et que j'ai connu ces victimes ; mais surtout parce que, tout en nous rapportant les faits, vous nous faites réfléchir sur des questions considérables. Comment a pu se déclencher une telle haine de la part des milieux possédants et dirigeants, dans un peuple de baptisés chrétiens ? « Sois un patriote, tue un curé ! », quel slogan ! Et tout ce complot que rapporte Ch. Antoine... L'autre question est pour aujourd'hui : si une massive injustice sociale a induit ce tourbillon où nos frères ont été emportés comme l'évêque Romero, notre frère aussi , a-t-elle disparu ? La relative paix d'aujourd'hui ne serait-elle pas une paix de cimetière ? On s'inquiète quand un article, récent (1995), inspire ce commentaire : « Rien ne change en matière d'injustice structurelle en milieu rural : il y a des pauvres parce qu'il y a des riches, et il y a des riches parce qu'il y a des pauvres. En dehors des homélies dominicales de la cathédrale et des communiqués de l'Université centraméricaine José-Simeon-Canas, on ne parle plus guère de cette problématique » (p. 169). Même aujourd'hui, à lire les dernières pages du livre, l'entend-on encore dans la cathédrale ?...Jean-Yves Calvez |