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 | A côté de la version EMI (avec les interprètes de la création française) et de la version lyonnaise (Virgin, très belle aussi, mais moins spiritualisée), il fallait retrouver l'atmosphère idéale du 26 avril 1980 au Théâtre des Champs-Elysées. Fabuleuse soirée, où Régine Crespin, presque au pied levé, campa une fabuleuse Mme de Croissy ; où Felicity Lott imposait en un phrasé impeccable une Blanche de la Force lyrique et fragile à donner le frisson. Et tout le monde - ou presque - se retrouvait au même niveau : que ce soit la Seconde Prieure de Jocelyne Chamonin, la délicieuse Soeur Constance d'Anne-Marie Rodde ou le Chevalier de la Force de Léonard Pezzino (qui, depuis, a fait son chemin !). A la tête d'un Orchestre National inspiré, vivant, vibrant, Jean-Pierre Marty enflamme de sincérité, d'émotion, cette troupe merveilleuse. Dans un long exposé, il regrette la disparition de ce « service public » de la Radio qui, à travers cette émission « Saison lyrique », permit pendant deux lustres de ressusciter tant d'oeuvres. Il n'est pas le seul. Mais sans doute était-ce trop « élitiste ». Aujourd'hui, il faut « faire peuple », en baissant la qualité, l'originalité. C'est - justement - se moquer du « peuple » qui, lui aussi, a soif de beauté et de culture.Jean Gallois |