Zygmunt BAUMAN
Le Coût humain de la mondialisation
Hachette, 1999, 202 pages, 110 F.

Retour à la page d'accueil

Pour commander
CLIQUER ICI

Voici une approche socio-anthropologique de la mondialisation ; approche un peu touffue, qui empile de nombreuses références suggestives, mais de niveaux scientifiques et d'orientations disparates (Bourdieu, Crozier, Foucault, Habermas, Kapuscinski, Virilio, Tönnies...). Cet essai n'échappe pas à quelques facilités de langage qui dénotent, çà et là, un déficit dans l'analyse. Dire, par exemple, que la rationalisation de la production et le « dégraissage » sont un « vol », c'est mélanger les genres en oubliant les conditions socio-politiques qui pèsent sur les producteurs ; parler, à la suite de Jowitt, de « désordre mondial » pour désigner la mondialisation, c'est poser, ici encore, une norme morale que l'auteur n'explicite pas. L'argument général reste cependant solide. La mondialisation est vue comme la subversion des territoires par l'espace marchand. Dans cette perspective, Zygmunt Bauman fait un usage intelligent du panopticon, cette image de la société inventée par Bentham au XIXe siècle et amplifiée par Foucauld. L'auteur retourne l'image en soulignant combien la mondialisation actuelle fait de « l'élite », ce vecteur de la subversion des territoires, l'acteur singulier que le monde regarde avec stupéfaction.

Etienne Perrot

Décembre 1999 : Revue des Livres - Choix de Disque - Sommaire du numéro

Accueil