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 | Théologien de grand renom, Joseph Moingt avait habitué à des ouvrages longs et subtils. Voici, sur le mystère de la Trinité, le plus grand de tous, qui enflamma Augustin, un livre court, qui en évoque l'apparition et l'importance. En cette fin de siècle qui aura été et demeure pour le plus grand nombre des hommes celui de la barbarie, ce livre sur l'abîme divin peut sembler d'une sérénité très au-dessus de la mêlée. Ce serait se tromper. Sous la forme d'une conversation libre, ce livre est une sorte d'initiation de loin au « propre » de la confession chrétienne : la foi en un Dieu non pas pluriel, mais relation en lui-même déjà, révélant l'essence même du réel, d'être relation entre des « personnes » qui n'existeraient que dans cette relation même. Moingt montre bien que cette question anima les premières communautés chrétiennes, comme si elle les engageait radicalement, et qu'il est en annonce dans l'Ancien Testament. D'où le paradoxe de ce livre : « Le mystère est moins dans "l'en-soi" de Dieu que dans son "pour nous" » (84). Ce serait par cette sorte de vertige de la Trinité que se comprendrait au mieux la relation en Dieu, entre Dieu et les hommes, et l'histoire. La relation devient l'hospitalité à tous les visiteurs, sans exclus. Dans La Liberté du chrétien, Luther soutenait que le Christ nous avait débarrassés de toutes les idoles, mais rendus responsables du dernier des hommes. La sainte Trinité s'annoncerait-elle dans la visite de ce dernier des hommes ?Guy Petitdemange |